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Conseils pour une fertilisation par des engrais phosphatés

Conseils pour une fertilisation par des engrais phosphatés

Pour un cultivateur, les normes d’épandage signifient que la fertilisation par des engrais phosphatés est limitée. Cela ne facilite pas les choses, car justement, le rendement de végétaux aux racines peu profondes réagit favorablement à une abondance de phosphates frais. L’abondance d’engrais rend attractif le fait de satisfaire le plus possible le besoin de matières organiques et autres substances nutritives avec cet engrais. Voici quelques conseils pratiques.

Épandez des phosphates au printemps.

La fertilisation par des engrais phosphatés doit se faire au printemps. La température du sol est alors relativement basse et les phosphates sont moins disponibles. De plus, les végétaux n’ont développé que peu de racines. Les résultats des essais confirment que l’épandage printanier de phosphates produit le meilleur rendement. Bien qu’un épandage d’engrais en fin d’été soit possible, celui du printemps est préférable à condition qu’il soit pratiqué avec un système qui n’abîme pas la structure (surtout dans le cas d’un sol argileux).

La localisation des phosphates

Les phosphates sont peu mobiles dans le sol. Dans le cas de végétaux tels que les pommes de terre, les oignons et les légumes à feuilles (des végétaux cultivés en sillons), les phosphates doivent donc être épandus à proximité des racines. La fertilisation par sillons à l’aide d’effluents d’élevage est ainsi conseillée pour la culture de maïs et de pommes de terre, par exemple. Les engrais minéraux sont plus faciles à épandre à proximité des racines, tout comme les engrais liquides. Comparée à l’épandage à la volée, la fertilisation par sillons nécessite à peu près moitié moins de phosphates. Autrement dit, le coefficient d’action des phosphates dans le cas d’un épandage par sillons est deux fois supérieur à l’épandage sur grandes surfaces.

Sécheresse et fertilisation par des engrais phosphatés

La sécheresse limite fortement la disponibilité des phosphates. Il est cependant inutile de faire un apport supplémentaire en phosphates ; au printemps, les précipitations annulent rapidement une éventuelle carence temporaire en phosphates.

L’usage optimal des phosphates

Vous trouverez ci-dessous quelques conseils. Ils contribuent à limiter les émissions, assurent un usage optimal des phosphates et permettent en même temps de faire des économies.

Conseils pour un usage agricole optimal des phosphates

  • Faites en sorte de connaître le taux de phosphates de votre sol. Il est recommandé de prendre des échantillons peu avant le début de la culture (au moins quatre fois par an).
  • Élaborez un plan de fertilisation par parcelle ou par végétal. Une carence en phosphates n’est pas facile à constater et faire un apport pendant la saison n’a pas de sens. Parlez-en à un conseiller pour confronter vos opinions et optimiser la fertilisation là où cela est possible.
  • Faites un apport en phosphates au printemps, peu de temps avant d’ensemencer ou de planter. Là où cela convient, sous la forme d’effluents d’élevage ; éventuellement à compléter par des engrais chimiques (si la législation le permet / dérogation). Les phosphates apportés en fin d’été (engrais ou engrais chimique) agissent moins bien comparés à ceux apportés au printemps. L’apport optimal se situe deux à trois semaines avant le labour.
  • Les végétaux qui ont le plus besoin de phosphates sont les pommes de terre, les oignons et les légumes à feuilles. Donnez-leur le plus d’engrais.
  • La fertilisation du printemps demande un bon planning ; le bon moment, la bonne quantité et à la bonne température. Pour éviter des dégâts de structure, notamment.
  • Les phosphates n’étant pas mobiles, vous devez les apporter le plus près possible des racines. La préparation du terrain au printemps étant généralement le seul moment de labour, il faut donc épandre avant !
  • La fertilisation par sillons assure une meilleure assimilation et réduit la quantité de phosphates nécessaires. Le jeune plant obtient ainsi rapidement et facilement la quantité de nourriture suffisante, car le ciblage adéquat assure une concentration élevée près des racines.
  • Choisissez un engrais dans lequel les phosphates et l’azote sont présents dans de bonnes proportions. La solution est de faire produire un fertilisant en mélange sur mesure.
  • Si vous utilisez de l’engrais chimique, mieux vaut utiliser des fertilisants phosphatés facilement solubles dans l’eau.
  • L’adjonction d’acides humiques associés à des phosphates améliore la disponibilité des phosphates pour les végétaux. L’adjonction d’acides humiques peut se faire sur grandes aires avant ou pendant l’ensemencement (liquide). La solution la plus pratiques est offerte par des fertilisants enrobés d’acides humiques (un seul passage, moins de dégâts structurels).
  • Un sol meuble (bonne structure), qui offre un bon équilibre entre la terre, l’air, l’eau, les éléments nutritifs et les matières organiques assure le meilleur enracinement. Et un bon enracinement est essentiel pour l’absorption de phosphates.
  • Une fertilisation en phosphates du feuillage n’a pas de sens.

Conseils pour une méthode neutre en émissions

  • Évitez le lessivage. Le lessivage de la couche de sol riche en phosphates emmène les phosphates dans les eaux de surface. Laissez donc votre sol retourné en surface après la récolte de votre culture principale.
  • Évitez de fertiliser en parallèle les eaux de surface en utilisant de façon adéquate les différents épandeurs d’engrais.
  • Les tuyaux de drainage doivent se trouver à la bonne profondeur. Les tuyaux trop peu enfouis éliminent l’eau avec les phosphates de la couche arable riche en phosphates.
  • Évitez de fertiliser lorsque le sol est fissuré. Les fertilisant seraient aussitôt lessivés via des trajectoires faciles vers les tuyaux de drainage et donc vers les eaux de surface.